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Sergio Garcia

Originaire de La Havane, Sergio Garcia sculpte les tabous sociétaux, pourtant d’une banalité étonnante au sein de la jeune génération. Ici il représente deux mains en train de rouler un joint de cannabis.

 

Alors que 900 000 français consomment cette plante quotidiennement et qu’environ 35% en ont déjà consommé (selon un sondage IFOP), AGORART’ s’est demandé si la légalisation du cannabis devait être envisagée ou non par les parlementaires français. 

 

Nous avons donc interviewé l’association NORML France, qui lutte pour la légalisation du cannabis ainsi que Jean Costentin, docteur en médecine qui lutte, à l'inverse, contre la légalisation du cannabis. 

 

 

 

NORML France                                   :

 

"Réduire les risques sanitaires

  • Encadrer et définir des normes sanitaires de production et de distribution

  • Contrôler les produits circulants par des analyses

  • Développer des campagnes d’éducation aux pratiques d’usage à moindre risque

Supprimer les freins à la prévention et aux soins addictologiques

  • Lever les tabous et améliorer les perceptions des professionnels et de la population générale sur les drogues et leurs usages

  • Favoriser l’instauration d’un discours éducatif familial

  • Responsabiliser les citoyens adultes et les parents usagers

Réduire les conduites addictives

  • Encadrer les usages chez les adultes et définir des normes d’usage

  • Retarder l’âge du primo-usage par l’affirmation d’un interdit crédible

  • Réduire les addictions à l’alcool, aux médicaments, aux opiacés et aux stimulants (effet « anticraving » du CBD)

Lutter contre l’insécurité publique

  • Recentrer les forces de l’ordre sur des mission prioritaires comme l’atteinte aux biens et à l’intégrité de citoyens

  • Lutter contre la corruption des personnes dépositaires de l’autorité publique

  • Couper l’herbe sous le pied des cartels pour lutter efficacement contre la criminalité organisée

Créer de l’emploi et de la richesse

  • Économiser près d’un milliard d’euros par an gaspillé dans la guerre aux drogues

  • Dynamiser le marché du travail avec 100 000 emplois directs et indirects à la clef

  • Renflouer les caisses de l’état par la taxation d’un marché estimé selon nos calculs à plus de 10 milliards d’euros/an.

Améliorer la justice sociale

  • Favoriser l’accès aux droits et à la santé des usagers

  • Lutter contre la discrimination des usagers et de leurs pratiques

  • Développer des politiques d’insertion sociale et de formations professionnelles dans les zones prioritaires (cité sensibles vivant du trafic), y compris dans l’économie du cannabis (serres municipales)

Dynamiser la recherche scientifique

  • Favoriser les études épidémiologiques et cliniques sur les substances consommées

  • Favoriser la recherche sur le potentiel médical des stupéfiants, et en particulier des phytocannabinoïdes

Soutenir les patients

  • Instruire les médecins français avec les dernières connaissances internationales

  • Permettre la prescription et la délivrance de produits au cannabis à chaque patient qui pourrait en tirer un bénéfice pour sa santé"

 

 

 

 

Jean Costentin, Professeur émérite de la faculté de médecine & pharmacie de Rouen, Auteur du « Désastre des toxicomanies en France » Editions Docis (2018)

 

"Des intérêts sordides (ceux de gros bonnets et de dealers) se liguent pour intoxiquer notre pays avec le cannabis, comme le fait le tabac avec 13 millions de fumeurs et ses 79.000 mort par an,  ou l’alcool avec ses 4 à 5 millions de consommateurs permanents et ses 49.000 morts annuels.

 

Les préoccupations sanitaires leur sont étrangères, ce qui très dommage quand on sait que le cannabis est 7 fois plus toxique que le tabac, par ses goudrons cancérigènes (pour la gorge et les poumons) et par son oxyde de carbone (poison pour les vaisseaux du cœur, des jambes et du cerveau). Sa toxicité tient surtout à son tétrahydrocannabinol (THC).

 

Il exerce sur le cerveau de nombreux méfaits : une ivresse qui peut tuer ou blesser gravement sur la route, une anxiété, une dépression (qui peut mener au suicide), la schizophrénie (folie, dont on ne guérit jamais), une grande perturbation des capacité d’apprendre (« la fumette ça rend bête » ; « le chichon ça rend con » ; le « cannabis est la drogue de la crétinisation », « pétard du matin, poil dans la main-pétard du soir, trou de mémoire ».

Devant l’incapacité de beaucoup de jeunes et de moins jeunes, devenus « accros » à cette drogue, de s’en détacher, les pouvoirs publics doivent empêcher qu’on entre en contact avec elle. La liberté consiste d’abord à ne pas se laisser incarcérer dans la prison des drogues. Le cannabis altère la santé physique et psychique, l’intelligence, la volonté. Il enrichit des salauds et fait de ses victimes des pauvres types bientôt à la ramasse".

@Alexis Galli - Septembre 2019