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Les jeunes s'engagent

« Non-assistance à planète en danger », « on veut une planète plus verte que le GET27 », « ministère de la trahison écologique ». Du 23 au 26 mai 2019 ces slogans ont défilé dans les rues des villes importantes d’Europe, parfois avec sarcasme, souvent avec humour et toujours avec fierté.

Ces marches pour le climat sont l’œuvre de mouvements de jeunes qui réclament beaucoup plus d’engagement politique en matière écologique.

 

L’origine de cette prise de conscience de la jeunesse pour la défense du climat est notamment l’œuvre de Greta Thunberg, militante écologiste de 16 ans. En effet, profitant de son hypermédiatisation dans le monde entier, Greta Thunberg à créer un échos sans précédent à un document particulier : le rapport du GIEC.

Ce rapport affirme que « même un réchauffement planétaire limité à environ 1,5 °C entraînera une augmentation des risques liés aux pénuries d’eau dans les zones arides (500 millions de personnes vivent dans un milieu désertique), aux dommages causés par les incendies, à la fonte du pergélisol et à l’instabilité du système alimentaire ». Quelques mois plus tard, le 17 septembre, un groupes d’experts français avertit que pour rester « tout juste » sous la barre des 2°C de réchauffement il faudrait « une forte coopération internationale donnant priorité au développement durable ». Il faudrait de plus capter 10 à 15 milliards de tonnes de CO2 par an en 2100, ce qui est technologiquement impossible aujourd’hui.

Enfin les points à améliorer en priorité sont donnés par le GIEC : « une exploitation plus durable des terres, une réduction de la surconsommation et du gaspillage de nourriture, l’élimination du défrichement et du brûlage des forêts, une moindre exploitation du bois de chauffage et la réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

 

Mais si les jeunes ont défilé dans la rue c’est pour interpeler directement leur gouvernement afin qu’ils accélèrent leur politique climatique.

A l’échelle internationale il n’existe que l’accord de Paris comme accord sur le réchauffement climatique qui soit quasi-universel. Il prévoit notamment une réduction de ce réchauffement à 2°C maximum. Toutefois l’accord est dit ascendant et se base sur les promesses des Etats à bien vouloir respecter cet objectif dans leur pays ce qui signifie qu’aucun Etat n’est contraint par l’accord. Ainsi, malgré un 1er pas positif vers l’amélioration climatique, l’efficacité des accords de Paris reste relative en fonction des pays.

En France Emmanuel Macron dit « avoir changé profondément » et que le mouvement des jeunes pour le climat l’a beaucoup fait réfléchir. En effet la rentrée de septembre 2019 paraît déjà plus verte que les années précédentes avec la loi anti-gaspillage qui sera présentée devant le Sénat le 24 septembre. Elle prévoit notamment d’interdire la destruction des invendus, une meilleure gestion des déchets ou encore un bonus/malus environnemental.

 

Il est donc trop tôt pour dire si le chef de l’Etat a bel et bien changé son regard sur la politique environnementale mais ce qui est sûr c’est que les jeunes ont remis à l’ordre du jour une question trop souvent écartée : celle de la sauvegarde de l’environnement.

Panmao Zhai, coprésident du groupe de travail I du GIEC reste quand même positif : « certaines mesures sont déjà appliquées. Nous utilisons des techniques particulières et appliquons de bonnes pratiques. Il s’agit simplement d’en faire usage à plus grande échelle et dans d’autres endroits adaptés où elles ne sont pas encore mises à profit ».

Alexis Galli, créateur d'AGORART'

Sources :