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Les pionnières

« C’était le seul homme de son cabinet ministériel ». Ce propos est celui de l’un des collaborateurs de Sirimavo Bandaranaike, première femme au monde à avoir été à la tête d’un gouvernement. Celui du Sri Lanka, dont elle fût trois fois Premier ministre : de 1960 à 1965, de 1970 à 1977 puis de 1994 à 2000.

 

En prenant la présidence de la Banque Centrale Européenne (BCE),le 1er novembre 2019, la principale institution monétaire de l'Union européenne, se peut-il que Christine Lagarde ait entendu un propos similaire ?

Presque soixante ans ont passé et Christine Lagarde ne deviendra pas cheffe de gouvernement, certes, mais tout de même la première femme à diriger la BCE. Il faut dire que la Dame est coutumière du fait, ayant été la première femme Ministre de l’Economie d’un pays du G8 (de 2007 à 2011 en France), puis la première directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), de 2011 à 2018.

Christine Lagarde fait figure d’exception car elle fit en tant que femme ce qu’auparavant seuls des hommes avaient réalisé. Elle est une pionnière dans la vie politique française. La définition qu’en donne le dictionnaire Larousse, précise qu’une pionnière est « une personne qui ouvre la voie à quelque chose, qui est la première à faire quelque chose. ».

 

Tous les pays, tous les domaines ont eu « leurs » pionnières, parmi lesquelles on peut citer Julie-Victoire Daubié, première bachelière de France (1861), Valentina Terechkova, première femme dans l’espace (Russie, 1963), Kathrine Switzer (Allemande) première femme à courir le marathon de Boston (1967), Junko Tabei, Japonaise, première femme à gravir l’Everest (1975), Vigdis Finnbogadottir, première femme élue présidente (Islande, 1980), Florence Artaud, Française, première femme victorieuse de la Route du Rhum (1990).

 

La liste n’est pas exhaustive, elle n’en est pas moins admirable.

Où en sommes-nous aujourd’hui du féminisme ? Le sillon ouvert par les pionnières du XXe siècle continue-t-il à se creuser ?

Les phénomènes contemporains « me too » et « balance ton porc » auront-ils suffisamment de poids et de relais dans la société pour créer une onde de choc véritablement durable ? Ce phénomène sociétal permettra-t-il une éducation juste et égalitaire entre les petites filles et les petits garçons ?

 

A chacun de nous, femmes, hommes, responsables politiques, dirigeants associatifs, patrons d’entreprise, parents, citoyens, d’emprunter la voie ouverte par les pionnières, sans jamais baisser la garde.

Et pour conclure, comment ne pas citer l’une des plus illustres féministes Françaises – Simone de Beauvoir – qui écrivait dès les années 1960 : "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."

 

Simone de Beauvoir avait vu juste même si l’on pourrait malheureusement ajouter aujourd’hui les crises migratoire et climatique. Dans la lutte contre ce dernier fléau, on pense immédiatement à Greta Thunberg, une jeune femme encore…. Et si dans les générations futures, on parlait d’elle comme d’une pionnière ?

Karine2g