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"Richard Cœur de Lion" par l'Opéra Royal de Versailles

Du 10 au 13 octobre 2019 l’opéra-comique « Richard Cœur de Lion » a été représenté à l’Opéra Royal de Versailles pour les 250 ans du site.

 

Cet air fût composé par André Grétry en 1784 et est considéré comme l’une des œuvres musicales les plus connues d’Europe durant tout le XVIIIème siècle. Plus qu’un simple opéra, c’est une œuvre politique et un cri de ralliement des royalistes contre-révolutionnaires au sein du moment 1789.

 

Mis en scène par Marshall Pynkoski et orchestré par Hervé Niquet, cette représentation est la première production intégrale de l’Opéra Royal depuis 1789, date à laquelle « Richard Cœur de Lion » avait été joué devant Louis XVI et Marie-Antoinette.

 

Ce retour symbolique aux temps royaux organisé par l’Opéra de Versailles pose ainsi la question de savoir quelle est, aujourd’hui, la place du royalisme au sein de la République française.

AGORART’ est alors allé interviewer Bertrand Renouvin, candidat royaliste à la présidentielle de 1974 et directeur politique du bimensuel Royaliste ainsi qu’Action française pour savoir ce que signifiait être royaliste aujourd’hui en France.

 

 

Bertrand Renouvin, directeur politique du bimensuel Royaliste

 

Être royaliste, c’est se référer d’une manière ou d’une autre à une très longue histoire.

 

"En France, la monarchie est une institution qui s’affirme de façon continue à partir de l’élection d’Hugues Capet en 987 et le millénaire capétien a été célébré en 1987 par François Mitterrand et par Henri, comte de Paris, chef de la Maison de France. Toutes tendances confondues, les royalistes estiment que la monarchie capétienne a fondé l’Etat et la France dans le même mouvement historique et qu’il faudrait reprendre la conception monarchique d’un pouvoir politique arbitral et d’une nation indépendante de toutes les puissances extérieures.

Être royaliste, c’est également souligner une absence.

 

Le royalisme apparaît quand la monarchie royale disparaît à la suite d’une révolution dans la révolution – le 10 août 1792 - ou d’une révolte qui devient révolution antimonarchique lors des journées de 1848. Les royalistes militent pour la restauration ou la réinstauration de cette monarchie royale et c’est là que les différences et les oppositions apparaissent.

Il y a depuis 1789 une tendance contre-révolutionnaire qui n’accepte ni la Révolution de 1789, ni la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ni, d’une manière plus générale, la modernité.

 

Cette tendance est celle des Vendéens et d’autres groupes insurgés pendant la         Révolution, des ultra-royalistes sous la Restauration et des légitimistes qui récusent la Révolution de 1830 aboutissant à la prise du pouvoir par le duc d’Orléans, Louis-Philippe, qui devient roi des Français. Cette tendance, qui s’affirme encore « légitimiste » malgré la mort sans descendance du comte de Chambord en 1883, se réduit aujourd’hui à quelques cercles se réclamant d’un prétendant espagnol.

La seconde tendance contre-révolutionnaire a été constituée par l’Action française au début du XXème siècle. Sous la direction idéologique de Charles Maurras, positiviste anti-chrétien partisan de l’ordre moral catholique, ce mouvement créé en 1908 a installé le royalisme à l’extrême-droite. Condamnée par l’Eglise catholique en 1926, par le chef de la Maison de France en 1937 et par les tribunaux français après la Libération pour intelligence avec l’ennemi, l’Action française tente de survivre en défendant ses dogmes nationalistes, antidémocratiques et antirépublicains.  

Face aux divers contre-révolutionnaires, d’autres partisans de la monarchie royale ont estimé que l’institution capétienne avait accouché d’une modernité qu’il s’agissait d’organiser. Les Monarchiens apparaissent en 1789 et comptent parmi les principaux rédacteurs de la Déclaration des droits, et les monarchistes libéraux tentent jusqu’en 1792 de maintenir l’accord entre les institutions représentatives et le roi de France. Les monarchistes libéraux s’affirment comme théoriciens et comme praticiens du régime parlementaire sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. A la fin du XIXème siècle, les royalistes qui se réclament d’un catholicisme social tentent de faire adopter des mesures de protection sociale face à la violence du capitalisme.

Créé en 1971 à partir d’une scission de l’Action française, la Nouvelle Action royaliste se réfère explicitement aux Monarchiens et aux monarchistes libéraux et défend les principes de la démocratie parlementaire. Elle s’affirme républicaine selon la définition classique de la République comme gouvernement selon l’intérêt général.

Elle s’inscrit dans la tradition gaullienne, reconnaît la Vème République comme une monarchie élective et voit dans la monarchie royale l’aboutissement logique de la Constitution gaullienne.

 

Elle souhaite que soit prolongée la tradition capétienne de l’Etat, garantie suprême de l’unité, de la justice sociale, de la liberté des citoyens et de l’indépendance nationale.

 

C’est pourquoi elle milite pour le renforcement de nos moyens militaires classiques et nucléaires, pour une planification écologique et pour la nationalisation des secteurs-clés, pour le développement de la protection sociale et pour le dépassement de l’Union européenne dans une confédération continentale des nations européennes".

@Alexis Galli - Septembre 2019